Lettre ouverte aux professionnels de santé


Grippe H1N1 :

Pour le choix de citoyen 

responsable de sa santé

 



La décision du gouvernement de vacciner en masse les français contre la grippe A H1N1 fait reposer logiquement sur les professionnels de santé une lourde responsabilité. La force de la médecine actuelle est de reposer sur des bases scientifiques démontrées. Ainsi, les préconisations des experts et/ou prescripteurs médicaux prennent souvent la forme d’obligations incontournables peu sujettes à questionnement et encore moins à contestation. Cela conduit la grande majorité des « citoyens – patients » à suivre ces avis de façon totalement confiante en abandonnant toute forme d’analyse personnelle.

Mais dans le cas de la pandémie H1N1, le fait que les décideurs politiques en arguant le principe de précaution tentent de se protéger en posant la vaccination comme acte médical indispensable, l’exploitation du réflexe de peur, la perspective d’énormes profits financiers, dictent des conditions qui ne respectent plus la rigueur scientifique. Or la loi française (N°2002-303 Art 11) stipule que : « Aucun acte médical, ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment ». C’est donc en incitant les « citoyens –patients » à se faire une opinion par eux-mêmes et à effectuer un choix personnel, éclairé et responsable que l’esprit de la loi sera respecté.

La compétence, le discernement, l’indépendance et la qualité du conseil du personnel médical va jouer un rôle décisif. Il ne s’agit pas ici du débat : « pour ou contre les vaccinations », mais de la question pour chaque « citoyen – patient », dans le cas précis de la vaccination H1N1 : « Est-ce pour moi et ceux dont j’ai la charge le choix approprié, c’est à dire présentant le moindre risque ? » Le simple examen de la situation fournit déjà des critères pour éclairer un choix :

  • Une grippe porcine A H1N1 considérée par tous les experts mondiaux comme de faible gravité (moins grave que la grippe saisonnière habituelle) mais très contagieuse. On en guérit facilement avec un traitement adapté et grâce au travail du système immunitaire naturel ; le nombre de cas graves répertoriés est très faible et presque toujours liés à une grave pathologie simultanée.
  • Une proposition vaccinale de masse coûteuse, orchestrée à grand renfort de médias dont la mise au point a dû être faite dans l’urgence en quelques mois. 
Face à cette proposition, nous sommes en droit de demander au titre de la rigueur scientifique :
  • Quelle est l’efficacité du vaccin (taux de patients générant les anticorps attendus) ?
  • Quels sont les effets secondaires potentiels, leur gravité, leur probabilité ?
  • Quelles sont les incompatibilités avec d’autres pathologies, des traitements médicaux, d’autres vaccins (comme celui de la grippe saisonnière par exemple) ?

Malheureusement, le temps imparti pour développer le vaccin et le produire avant le pic de pandémie ne permet pas de répondre de façon sérieuse et documentée à ces questions. Cela veut dire que vous ne saurez y répondre pour conseiller vos patients. Peut-être que l’administration du vaccin présentera un risque de cas graves bien supérieur à celui de contracter et soigner cette grippe bénigne. De grands noms de la médecine comme le professeur Marc Gentilini ou Antoine Flahaut ont déjà alerté sur le caractère précipité, aléatoire et déraisonnable d’une telle vaccination de masse systématique. Au point qu’aux Etats-Unis (H1N1 : immunité juridique pour les labos américains - Le Monde 15.09.09) comme en France la responsabilité des laboratoires ou des professionnels chargés de la vaccination est dégagée comme nous le montre le projet de loi présenté au sénat ( article L 3110-3 du code de la santé publique) ; ainsi le personnel de santé est mis par le législateur en position d’exécuteur non responsable d’un système devenant totalitaire.

Ce vaccin doit donc, au minimum, être considéré comme un produit pharmaceutique en développement et en cours d’essais sur l’être humain, et être soumis aux procédures restrictives spéciales d’information des patients prévues à cet effet, comme le demande le syndicat SNPI des infirmiers et infirmières. Faute de quoi, les « citoyens – patients » seront en droit de se sentir considérés comme de vulgaires cobayes .

En conclusion, chacun d’entre nous, chacun d’entre vous, peut encore agir pour que cet épisode pandémique soit traversé par un maximum de personnes avec une conscience de citoyen libre et éclairé pleinement responsable de sa santé. Dans cette situation difficile, notre conscience collective de citoyen a sûrement quelque chose à y gagner .

Le collectif « Vigilance H1N1 de l’Eure »

65% des Français ne veulent pas se faire vacciner contre le H1N1

PARIS (Reuters) - Deux Français sur trois n'ont pas l'intention de se faire vacciner contre la grippe A(H1N1) lorsque le vaccin sera disponible à l'automne, selon une enquête Sofres/Logica pour Europe 1.
Seules 30% des personnes interrogées envisagent en effet de se faire vacciner contre le virus H1N1, contre 38% dans le cas de la grippe saisonnière. Et 65% n'entendent pas se faire vacciner (contre 60% pour la grippe saisonnière).
Les Français redoutent davantage la vaccination contre la grippe A(H1N1) que celle contre la grippe saisonnière, selon cette enquête.
En effet, 52% considèrent que le vaccin contre la grippe A comporte un risque important, alors que 67% des sondés jugent que le vaccin contre la grippe saisonnière ne présente "pas un risque important".
Si la campagne de communication visant à expliquer les gestes de prévention a été très nettement entendue par les Français (93% s'estiment bien informés), seuls 55% d'entre eux s'estiment bien informés sur le vaccin lui-même (contre 44% mal informés).
Cette enquête a été effectuée les 22 et 23 septembre auprès d'un échantillon national de 975 personnes.
Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

Avis du professeur Antoine Flahaut

L’improbable vaccin pour tous  (fin juillet 2009) 


Professeur Antoine Flahaut :

Directeur de l'EHESP

Directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique de Rennes


La décision de vacciner toute une population ne peut pas être uniquement politique. Elle ne peut pas reposer sur une réunion des ministres de la santé d’Europe ou d’ailleurs. Elle doit clairement s’appuyer sur des résultats d’études conduites en population et publiées dans de grandes revues soumises à la critique des scientifiques.

Nous ne disposons pas de ces travaux aujourd’hui.

Nous ne disposons pas d’une seule étude probante - à ma connaissance - sur l’efficacité du vaccin utilisé comme barrière épidémique.

Nous ne disposons pas d’études sur la sécurité d’utilisation du vaccin - ni du vaccin pandémique ce qui est normal, ni des vaccins saisonniers - en cas d’utilisation dans de larges segments de la population jeune (à part une ancienne étude réalisée au Japon, et peu détaillée).

Nous ne disposons pas d’études sur l’acceptation sociale d’une telle stratégie.

  C’est peut-être dommage. Nous ne nous sommes pas préparés à celà. Nous attendions un virus H5N1, si différent, si dangereux, que l’analogie avec la grippe saisonnière semblait presque hors sujet, voire sans intérêt. Aujourd’hui nous mesurons à quel point s’être préparés au pire (H5N1) n’était pas d’une grande utilité pour affronter le moindre (H1N1), qui plus est, ne sera peut-être pas si moindre que cela.

 Non, il y a tout lieu de penser, compte-tenu de ces incertitudes, compte-tenu que l’on n’ait jamais cherché à enrayer aucune épidémie de grippe saisonnières nulle part, que l’on ne voudra pas se lancer dans pareille aventure, sans expérience préalable, sans filet, au cours de la pandémie à l’automne.

 C’est dommage, mais ce serait prendre un risque qu’à mon avis personne ne voudra assumer. A raison.

Peut-être l’absence de disponibilité des vaccins aidera en quelque sorte ou plutôt contraindra notre choix.

Le seul choix possible sera alors la stratégie de protection des personnes à risque. En commençant par les plus âgées, et celles qui ont des problèmes de santé. En l’étendant sans doute à celles que l’on aura pu identifier comme à risque spécifiquement du virus H1N1 (peut-être les obèses, les femmes enceintes ?)  On devra vacciner aussi les personnels de santé, pas tant pour qu’ils soient moins absents de leurs postes au moment de la pandémie, car là non plus, nous ne disposons pas des études qui auraient tout à fait pu être réalisées au cours des épidémies saisonnières passées pour montrer cet intérêt. La vaccination des personnels de santé s’entendra surtout pour la protection des personnes à risque dont ils s’occupent, pour ne pas leur transmettre eux-mêmes le virus contracté par un patient précédent (ou ailleurs).


Avis du professeur Gentilini

« Le gouvernement

 

en fait trop ! »


(Aujourd'hui en France) Propos recueillis par Marc Payet | 21.08.2009, 07h00


MARC GENTILINI, professeur de médecine, ancien président de la Croix-Rouge

Marc GENTILINI a dirigé la Croix-Rouge française de 1997 à 2003. Ce spécialiste des maladies infectieuses estime que le gouvernement, sous la pression des experts de la santé, en fait trop dans la prévention de l’épidémie de grippe A, au risque de faire peur aux gens. Proche de Jacques Chirac, dont il est le conseiller sur certains sujets de santé publique en Afrique, il accompagnera l’ancien chef de l’Etat au Bénin le 12 octobre pour lancer un appel contre les médicaments contrefaits.


Que pensez-vous de la gestion de la crise de la grippe A ?
Marc Gentilini. Je ne conteste pas la réalité de l’épidémie, mais objectivement elle ne me paraît pas terrifiante. En revanche, je constate une espèce d’emballement politico-médiatique. On a l’impression que l’on est déjà en pleine crise, spécialement en France. Or, ce n’est pas le cas. Certes, trois personnes sont décédées, mais elles avaient toutes des pathologies associées, c’est-à-dire d’autres maladies graves en plus de la grippe A. J’en veux à certains experts sanitaires qui tiennent un discours catastrophiste et forcent notre gouvernement à en faire trop, en application du principe de précaution.

Peut-on vraiment reprocher au gouvernement d’essayer de nous protéger ?
Marc Gentilini. Les autorités ont raison de se préparer. Mais là c’est trop. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui est une femme intelligente, dit qu’elle s’entoure des meilleurs experts. Mais écoute-t-elle vraiment ceux qui sont moins alarmistes ? Le ministre de l’Education, Luc Chatel, dit vouloir fermer les classes s’il y a plus de trois élèves malades. Mais a-t-il réfléchi à la désorganisation terrible pour les familles ? Je crois ces mesures d’exclusion inefficaces et inapplicables. Le président de la République et le Premier ministre doivent refixer le cap.
Un de mes anciens élèves médecins qui revenait des Etats-Unis m’a dit en arrivant en France : « Mais qu’est-ce que c’est que ce cirque, chez vous ? Des affiches partout dans les aéroports et les entreprises, des classes d’école qui vont être fermées, des millions de prospectus distribués, alors qu’il n’y a presque pas de cas. C’est fou ! » Aux Etats-Unis, ils ont eu des décès, mais il n’y a pas le même emballement sur ce sujet. Il était très surpris par cette surcommunication gouvernementale.

Comment expliquez-vous cette attitude ?
Marc Gentilini. En France, les pouvoirs publics, et particulièrement le ministère de la Santé, restent traumatisés par les procès du sang contaminé et ceux de l’hormone de croissance. Désormais, ils ont tendance à ouvrir d’immenses parapluies dès les premières gouttes. La crise de la canicule n’a rien arrangé. On craint d’en faire trop peu, alors on en fait trop…

Que pensez-vous de l’achat de 94 millions de doses de vaccin ?
Marc Gentilini. Comprenez-moi. Toute ma vie je me suis battu pour la santé publique. Je suis résolument pour la vaccination. Mais il ne faut pas céder à la précipitation. On a appris à ne pas vacciner certains sujets à risque. Les effets secondaires doivent être bien connus. Attention donc aux éventuels risques que pourraient faire courir des vaccins fabriqués dans l’urgence, et dont la sécurité d’emploi ne serait pas totalement connue. Il ne faut pas que la pression de l’opinion passe avant la sécurité sanitaire.

Mais c’est l’Organisation mondiale de la santé qui a parlé, la première, de pandémie…
Marc Gentilini. Oui. Mais il faut remettre ces propos dans le contexte. La directrice de l’OMS, la représentante de la Chine Margaret Chan, a été élue à ce poste en 2006 car elle avait fait une campagne efficace pour éradiquer la grippe aviaire et le syndrome respiratoire aigu sévère (sras) en Asie du Sud-Est. Elle a planifié la guerre au virus grippal mutant. Mais ce qui était vrai pour l’Asie a eu tendance à être transformé en un combat planétaire pour estimer que l’épidémie apocalyptique allait forcément arriver. L’OMS majore le risque car, au début de l’épidémie de sida, elle n’en a pas mesuré l’ampleur en Afrique. Avant, elle péchait par défaut, maintenant elle pèche par excès.

Quelle serait, selon vous, la principale mesure à prendre pour faire face à la pandémie attendue ?
Marc Gentilini. Je centrerais tout simplement mon action autour des médecins généralistes, qui sont les meilleurs connaisseurs du terrain, et j’éviterais le discours alarmiste.



Un plan grippe nuisible aux libertés en Belgique

Le journal belge "Le Soir" , sous la plume de Ricardo Gutièrrez, titre aujourd'hui , 24 Septembre 2009, en page 3 :

Santé : Un collectif citoyen s'inquiète des pouvoirs spéciaux accordés à l'exécutif.

Un plan grippe nuisible aux libertés ?

L'ESSENTIEL 

° Inquiets, des citoyens et des avocats écrivent aux parlementaires.

° Ils contestent l'arsenal antigrippe déployé par le gouvernement.

° Ils craignent de voir imposer une vaccination obligatoire


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Dans le même contexte ,  l'avocat du groupe de citoyens - Me. Georges Henry Beauthier - s'est exprimé  au JT radio de 13 heures (RTBF)


Article L3110-3 CSP (immunité des professionnels de santé)


Article L3110-3 CSP

Modifié par Loi n°2007-248 du 26 février 2007 - art. 1 JORF 27 février 2007

Nonobstant les dispositions de l'article L. 1142-1,

les professionnels de santé ne peuvent être tenus pour responsables des dommages résultant de la prescription ou de l'administration d'un médicament en dehors des indications thérapeutiques ou des conditions normales d'utilisation prévues par son autorisation de mise sur le marché ou son autorisation temporaire d'utilisation, ou bien d'un médicament ne faisant l'objet d'aucune de ces autorisations, lorsque leur intervention était rendue nécessaire par l'existence d'une menace sanitaire grave et que la prescription ou l'administration du médicament a été recommandée ou exigée par le ministre chargé de la santé en application des dispositions de l'article L. 3110-1.

Le fabricant d'un médicament ne peut davantage être tenu pour responsable des dommages résultant de l'utilisation d'un médicament en dehors des indications thérapeutiques ou des conditions normales d'utilisation prévues par son autorisation de mise sur le marché ou son autorisation temporaire d'utilisation, ou bien de celle d'un médicament ne faisant l'objet d'aucune de ces autorisations, lorsque cette utilisation a été recommandée ou exigée par le ministre chargé de la santé en application de l'article L. 3110-1.

Il en va de même pour le titulaire de l'autorisation de mise sur le marché, de l'autorisation temporaire d'utilisation ou de l'autorisation d'importation du médicament en cause. Les dispositions du présent alinéa ne les exonèrent pas de l'engagement de leur responsabilité dans les conditions de droit commun en raison de la fabrication ou de la mise sur le marché du médicament.

NOTA : Loi 2007-294 du 5 mars 2007 art. 12 I : la présente loi entre en vigueur le 29 août 2007, jour suivant la date de publication du décret n° 2007-1273 du 27 août 2007".

Au fond cet article de loi de 2007 organise l’immunité juridique à la Française tant pour les laboratoires producteurs que pour les vaccinateurs ou les prescripteurs. Ces personnes n’ont plus à se poser des questions (d’ailleurs en matière de vaccins, est qu’ils sont capables de s’en poser ?) Tout l’aspect éthique de leurs devoirs s’effondre dans le contexte d’une menace sanitaire grave. Disparition d’une confiance rencontrant une conscience !!! On devient le bras armé du ministre, lui-même bras armé des labos !

Vaccin H1N1 : c'est Stéphane Guillon qui en parle le mieux !


Dans l'intro de la vidéo, Stéphane Guillon explique pourquoi ce vaccin conçu pour une grippe qui n'a même pas la vitalité - ou la mortalité - d'une grippe saisonnière pose sans doute plus de problèmes qu'il n'en résout !



En cas de mutation de la souche H1N1, nous ne sommes même pas sûrs de l'efficacité de ce vaccin. De nombreuses sommités médicales dénoncent l'hystérie du politique. Nous venons de dépenser plus d'un milliard d'euros pour 94 millions de doses qui ne seront probablement jamais utilisées !